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Centre Pluridisciplinaire Textes et Cultures (CPTC)

GReLiSC

(GROUPE DE RECHERCHES LINGUISTIQUES EN SCIENCES DE LA CULTURE)

Responsable : Samir Bajrić

 

L’axe de recherche GReLiSC regroupe les chercheurs en sciences du langage de l’EA 4178 CPTC (Centre Pluridisciplinaire Textes et Cultures). L’expression « sciences de la culture », qui figure dans la dénomination de cet axe, vise à affirmer le refus d’un clivage, au sein des sciences du langage, entre, d’une part, une orientation scientiste et techniciste, portée par une ontologie physicaliste et des méthodologies exigeant une démarche hypothético-déductive, et d’autre part une orientation herméneutique et interprétative, portée par une ontologie culturaliste et des méthodologies de type inductif. La conception de la linguistique que le GReLiSC privilégie est donc une conception intégrante, qui vise à aborder les phénomènes langagiers d’une manière holistique, en associant aux méthodes et aux objets spécifiques des sciences du langage les apports d’autres disciplines : études littéraires, philosophie, psychologie, sémiotique, histoire des idées. Cette orientation vaut également pour la formation des doctorants, que le GReLiSC conçoit comme ne devant pas être limitée à des connaissances linguistiques, mais enrichie, via le séminaire de l’équipe, les ateliers doctoraux et les colloques ou journées d’études organisées par CPTC à l’université de Bourgogne, par une culture plus large, littéraire, philosophique, psychologique, etc. 

 

Défendre une approche linguistique des sciences de la culture, ne présuppose donc pas l’opposition issue de la tradition allemande entre Kulturwissenschaft et Naturwissenschaft (Dilthey, Rickert) mais vise au contraire à affirmer et prendre sérieusement en considération la double dimension du langage humain comme phénomène naturel, physique ou physiologique (renvoyant à l’« extériorité » au sens de Descola) et comme phénomène culturel, psychique ou mental, au plan individuel et au plan collectif (renvoyant à l’« intériorité » selon le même Descola). À cet égard, les sciences du langage apparaissent, en raison de cette dualité de leurs objets – la faculté de langage, les langues et leurs actualisations énonciatives, discursives ou textuelles, toutes naturelles et culturelles simultanément –, comme un lieu privilégié d’observation de cet entrelacs (Merleau-Ponty) du physique et du mental, dont la compréhension est sans doute un enjeu majeur de notre siècle.

Dans ce cadre général, les recherches développées par le GReLiSC renvoient à deux grandes thématiques : « Linguistiques et textes » et « Linguistique théorique ».

 

 

  • 1. Linguistique et textes (Resp. M. Erman)

Cette thématique s’attache aux approches stylistiques et discursives des textes, et illustre en particulier l’orientation herméneutique et interprétative des travaux du GReLiSC.

 

1.1 Rhétorique et discours

 Cette thématique s’attache aux enjeux rhétoriques de diverses productions discursives, dans les champs politique, esthétique et littéraire.

 

1.2 Approche linguistique du texte théâtral

Les propriétés linguistiques du texte théâtral sont encore un domaine peu étudié ; il reste beaucoup à faire. Les recherches menées dans cette perspective poursuivent donc celles qui ont été développées dans le précédent contrat. Elles se font en étroite collaboration avec l’axe 2 LmM de CPTC.

 

1.3 Genres et grammaire

La recherche des caractéristiques grammaticales des genres textuels prolonge également des travaux menés antérieurement. Là encore, le champ est très vaste et de nouveaux travaux seront menés dans cette perspective.

 

1.4 Frédéric Dard : entre langue et littérature

L’œuvre de Frédéric Dard (H. Galli) a suscité très tôt l’intérêt des philologues, notamment du fait de la particularité de la langue employée dans la série des San-Antonio. Néanmoins, l’aspect très connoté du genre auquel elle appartient, la « paralittérature », et l’immensité du corpus (plus de 300 ouvrages) ont été de sérieux freins à la poursuite de cette entreprise critique. Il aura fallu attendre les années 2010 avant que des chercheurs ne s’emploient à en étudier la richesse dans quelques monographies et lors de colloques (Paris-Sorbonne, Chambéry, Dijon). Le projet s’inscrit dans la dynamique actuelle de découverte et de redécouverte de l’œuvre dardienne à travers l’étude de la langue et du style avec une focalisation sur son lexique (argot, régionalismes, néologie) et sur son intertexte, mais aussi sur l’édition critique de textes inédits.

 

  • 2. Linguistique théorique et linguistique descriptive (Resp. : S. Bajrić)

Cette thématique est consacrée à l’étude et à l’élaboration de théories linguistiques ainsi qu’à leur vérification par la description des langues. Elle s’attache également à l’analyse de la dimension cognitive des processus linguistiques.

 

2.1 Histoire-épistémologie des sciences du langage

Les travaux de cette thématique sont orientés dans trois directions : i) l’étude des rapports entre linguistique et psychologie 18ème – 20ème siècles (S. Tchougounnikov) ; ii) l’histoire des idées linguistiques au XVIIIe siècle, en raison de l’importance de cette période pour la problématique de l’iconicité linguistique (L. Nobile) ; iii) l’étude de l’apport des grammairiens arabes (M. Dat).

Dans cette dernière perspective, on continuera de développer une réflexion sur la valeur explicative des théories des grammairiens arabes, de s'attacher aux fondements épistémologiques de leur méthode. L'étude de leurs textes peut amener à reconstruire la dimension de certains concepts à l'intérieur de la théorie des anciens grammairiens et à préciser le statut des représentations abstraites dans le cadre de leur théorie. Il s'agira aussi de délimiter le terrain épistémologique qui a rendu possibles les glissements conceptuels des arabisants. Certains aspects de la démarche des orientalistes y seront mis en évidence : l'utilisation du bon sens comme critère d'évaluation d'une théorie linguistique, l'assimilation hâtive de la démarche des grammairiens à celle des philosophes aristotéliciens, le refus de situer les concepts grammaticaux des grammairiens arabes dans la théorie originale qui est la leur, etc.

En outre, deux éditions critiques sont en cours de réalisation (L. Nobile) : celle de la Grammaire de Condillac (1775) et celle du Traité de Charles de Brosses (1765).

 

2.2 Études guillaumiennes

 Le GReLiSC est l’un des rares lieux en France où se poursuit la tradition des études guillaumiennes. Cette orientation est cohérente avec sa perspective générale, puisque le guillaumisme est un courant linguistique qui se caractérise par un souci constant de l’articulation des descriptions techniques à une théorie linguistique qui possède la densité et la profondeur d’une philosophie du langage.

En linguistique française, on s’intéressera en particulier au changement linguistique (pas dans une perspective seulement guillaumienne mais en tenant compte de cet apport théorique) et à différents phénomènes spécifiques : vicariance (verbe faire), figement et immuabilité syntaxique, apports de la psychomécanique du langage à la néoténie linguistique (S. Bajrić et Th. Ponchon).

 

2.3 Iconicité linguistique

La spécialisation dans l’étude de l’iconicité linguistique est l’une des particularités bien identifiées du GReLiSC. Il s’agit encore en France d’une orientation de recherche très minoritaire, mineure donc, mais qui, selon les chercheurs du GReLiSC, pourrait apporter de profonds renouvellements à l’ensemble des sciences du langage. Après une période où les travaux ont été menés dans le cadre d’une linguistique analogique (Ph. Monneret), les recherches se poursuivent en se concentrant d’une part sur des travaux à dimension expérimentale (L. Nobile), d’autre part sur la Théorie des Matrices et des Etymons, dont l’élaboration se poursuit depuis plusieurs années en prenant pour objet les langues sémitiques (M. Dat).

Ce domaine de recherche s’articule sur deux terrains contigus : l’iconicité morphosyntaxique et textuelle en langue française, y compris dans le domaine littéraire, et la question des langages animaux et de l’origine du langage, en interrogeant notamment l’hypothèse d’une affinité profonde entre langage poétique et langage animal.

Dans le cadre de la Théorie lexicologique des Matrices et des Etymons, on cherchera à progresser dans la compréhension des conditions de l’émergence et du fonctionnement du signe linguistique, en lui donnant une image causale effective. Les différentes thématiques abordées chercheront à : identifier les différents types de matrices de dénomination (acoustiques, cinétiques, visuelles) qui relèvent de la structure du lexique sémitique ; étudier la motivation lexicale à la lumière du rapport instauré entre les matrices (macro-signes) et les realia ; révéler le poids des composantes articulatoires et acoustiques dans l’encodage et le décodage ; mettre les bases d’une théorie des conditions de l’émergence et de l’évolution du signe linguistique, fondée sur le postulat d’un principe d’invariance formelle et conceptuelle, codifié en langue au niveau des structures matricielles.

 

2.4 Néoténie linguistique

Poursuivant dans la voie épistémologique de la néoténie biologique (L. Bolk, théorie de l’être inachevé) et de la psychologie évolutionniste (J. Fodor, Tooby & Cosmides, evolutionary psychology), la néoténie linguistique (S. Bajrić) se profile comme une approche tant cognitiviste que phénoménologique dans l’étude de la faculté de langage et des langues naturelles. Elle est définie, analogiquement à la néoténie biologique, comme la théorie du locuteur inachevé. Elle s’appuie également sur les acquis théoriques et terminologiques de la psychomécanique du langage de Gustave Guillaume, notamment lorsqu’il s’agit de déterminer la nature des rapports cognitifs que le sujet pensant-parlant (être-locuteur) entretient avec les langues du monde (langue in posse, langue in fieri, langue in esse), puis sur la dichotomie tesnièrienne parler une langue vs. comprendre une langue (ordre linéaire, ordre structural). À partir de ces soubassements théoriques, divers mais complémentaires, il conviendra de donner à ce modèle interprétatif, nouveau dans l’histoire des idées linguistiques, une place adéquate au sein des sciences du langage. Les principaux thèmes à développer seront les suivants : synchronie vs. chronologie dans l’appropriation des langues ; objectivité de la langue / subjectivité du locuteur ; cognitivisme ; vouloir-dire des langues ; silence des langues ; lien entre analyse des langues et appropriation des langues ; ce que comprendre (une langue / le monde) veut dire, etc.

 

2.5 Théories de l’interprétation

Les théories de l’interprétation abordées au sein du GReLiSC représentent une suite des théories du signe (Locke, Peirce, Saussure, Greimas, Eco), tant dans le domaine de la philosophie du langage que dans une application possible des deux versants suivants : interprétation interlinguistique et interprétation intralinguistique. Celle-ci s’appuiera sur les acquis sémiotiques et sémiologiques. Celle-là s’articulera autour des concepts-clés développés en linguistique contrastive.

L’interprétation intralinguistique visera donc une pluridisciplinarité dans les analyses des discours et des textes (littéraires, publicitaires, politiques et autres) afin de proposer de nouvelles approches méthodologiques permettant de concevoir les textes et les discours dans le prisme des sciences du langage et des sciences de l’information et de la communication. Les analyses comparées du discours théorique sur la langue et la littérature ainsi que celles de la dimension interdisciplinaire des sciences du langage s’avèrent productives dans ce domaine (S. Tchougounnikov).

Quant à l’interprétation interlinguistique, les recherches permettront, par le biais des analyses linguistiques, de repenser la compréhension interculturelle dans un monde de plus en plus complexe. Le champ de la traduction scientifique et celui des transferts conceptuels entre diverses traditions nationales offrent des cas très instructifs à cet égard (S. Tchougounnikov).

 

2.6 Théories de la référence et dénomination en domaine spécialisé

Les conditions d’émergence des linguistiques spécialisées (terminologie, traduction, lexicographies spécialisées et plus récemment analyse des discours spécialisés) relèvent de deux ordres distincts : la philosophie du langage et les sciences du langage (A. Joyeux). Historiquement, la théorie terminologique s’inscrit dans la continuité des doctrines logico-linguistiques de l’âge classique (Leibniz) et, au début du 20e siècle, dans le contexte vécu de la « crise de la langue », elle souscrit aux desseins du pragmatisme (Peirce) et du positivisme logiques (Frege, Russell, Carnap, le premier Wittgenstein) ainsi que des sémantiques référentielles extensionnelles puis intensionnelles.

L’émergence des nouvelles théories terminologiques est toutefois venue remettre en cause la dichotomie onomasiologie/sémasiologie (Thomas, 1904) sur laquelle s’est initialement établie la spécificité de l’entreprise terminologique, au profit d’une approche plus intégrée qui tient compte des contributions de la sociolinguistique et de la linguistique textuelle. Ce mouvement de décloisonnement profite également des apports des linguistiques cognitives en matière de catégorisation et de processus dénominatifs : prototypes (Lakoff), exemplaires (Medin, Schaffer), frames (Fillmore). Les recherches développées au GReLiSC entendent notamment poursuivre la réflexion amorcée depuis Zadeh et Lakoff et appliquée à la sémantique lexicale, sur la notion de « flou », et pour l’appliquer à l’étude des opérations de catégorisation et de dénomination en domaine juridique. 

Membres permanents :

Bajrić Samir (PR)

Dat Mihai (MCF)

Despierres Claire (MCF)

Erman Michel (PR)

Galli Hugues (MCF)

Joyeux Arthur (MCF)

Maurel Laurence (MCF)

Nobile Luca (MCF)

Nyee Doggen Judith (MCF)

Tchougounnikov Sergueï (MCF HDR)

Membres associés :

Bougchiche Redouane (MCF à l’UMMTO)

Château Smith Carmela (Docteure en SDL)

Krazem Mustapha (PR à Metz)

Morillon Isabelle (Docteure en SDL)

Ponchon Thierry (MCF HDR à Reims)

Ralić Sara (Docteure en SDL)

Rezapour Rouhollah (PR à l’université d'Allameh Tabataba'i)

Saulan Dubravka (Docteure en SDL)

Tout l'agenda

Séminaire linguistique du CPTC mardi 26 octobre | 15:00 - 17:00

Séminaire linguistique du CPTC vendredi 19 novembre | 15:00 - 17:00

Séminaire LmM du CPTC jeudi 25 novembre | 14:00 - 17:00

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Contacts

Bureau 429
Université de Bourgogne, Faculté de Lettres et Philosophie
4 Boulevard Gabriel
21000 DIJON

 

  • Directeur du CPTC

Bridet Guillaume
Tél : 03.80.39.55.27
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  • Directrice adjointe du CPTC

Genand Stéphanie

Tél :

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  • Plateforme administrative

Martin Jérôme

Tél : 03.80.39.55.41

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Picard-Coudor Nathalie

Tél : 03.80.39.55.41

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